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mercredi 26 mars 2014

être approuvé par les autres

 Adam Smith 
(gravure d'après un original de James Tassie, 1787)

"Il faut lire le chapitre étonnant que Smith consacre au désir d'être approuvé par les autres, et au rapport que ce désir entretient avec celui d'être digne d'une telle approbation — c'est-à-dire de pouvoir s'approuver soi-même. Il voudrait bien montrer que, quoique celui-ci s'enracine dans celui-là, il conquiert une certaine autonomie, une indépendance relative, et que la conscience s'élève au-dessus du jugement des spectateurs ordinaires. Mais c'est en vain. Et c'est finalement la richesse économique qui surgit comme l'objet sur lequel tous les désirs convergent car, attirant sur nous le regard d'autrui, autrui qui est exactement dans la même position que nous par rapport à elle, elle est le signe de cette qualité d'être que nous voulons tous posséder sans jamais être certains que nous la possédons. Vouloir devenir riche pour s'assurer de l'être au travers de l'avoir : il n'y a vraiment chez Smith aucune idéalisation de l'économie."

mardi 23 juillet 2013

connaître le contentement


[L]e capitalisme est imprégné de l'énergie néfaste de l'avidité, l'un des Trois poisons. A l’échelle mondiale, l’avidité constitue la racine des crises économique et financière et des problèmes environnementaux à venir. (…) Dans le chapitre “Exhortation à la persévérance” du Sûtra du Lotus, il est dit que ceux qui pratiquent la voie du bodhisattva « ont des désirs non-excessifs et connaissent le contentement », aussi traduit par « ayant peu de désirs et satisfaits de peu de gain ». Il est dit dans le Sûtra de l'enseignement légué (Jap. : Butsu-yuikyo-gyo) : « Observe la leçon du “contentement”, car elle est source de richesse, de joie et de paix. Une personne qui connaît le contentement est heureuse, même si elle doit coucher à même le sol », alors que « celle qui est insatisfaite est pauvre, même si elle possède la richesse. »
Le “désir non-excessif” mentionné dans les textes bouddhiques fait référence au fait de contrôler sa propre avidité afin de n'être pas consumé par elle. L'avidité nous fait souffrir, nous et les autres, et lorsqu'elle est exploitée, déclenche une avalanche toujours croissante de désirs. De plus, la notion bouddhique de “connaître le contentement” se réfère à la joie qui découle du fait de contrôler son avidité, satisfaire ses besoins premiers en tant qu'être humain, et contribuer au bonheur des autres.
C'est là le modèle bouddhique de la réalisation de soi, offrant une vision dans laquelle le contentement équivaut au bonheur. Lorsque cette vision du bonheur est partagée à une grande échelle, nous pouvons réellement surmonter les leurres du capitalisme cupide, et nous protéger de sa menace.
Kawada Yoichi 2012 Contemporary Civilization and the Lotus Sutra, Journal of oriental Studies  Vol.22

jeudi 30 mai 2013

attachement et désir ardent ou simplicité et non-violence

Tandis que les richesses intéressent plus que tout le matérialiste, la libération représente le souci numéro un du bouddhiste. Mais le bouddhisme, « La Voie du Milieu », n’est en aucun cas opposé au bien-être physique. Ce n’est pas la richesse qui fait obstacle à la libération, mais l’attachement à la richesse ; ce n’est pas non plus le plaisir que procurent les choses agréables qui est condamnable, mais le désir ardent de les obtenir. Simplicité et non-violence sont donc les dominantes de l'économie bouddhiste. Pour un économiste, l’aspect merveilleux du style de vie bouddhiste réside dans sa rationalité absolue : des moyens étonnamment faibles conduisant à d'extraordinairement bons résultats.

Schumacher E.F., 1978. Le système d'économie bouddhiste, in Small is beautiful. Contretemps/Seuil.